Légion étrangère - French Legion

Edition d’un livre de photographie sur la Légion étrangère.

Les derniers instants de la 13è Demi-Brigade de Légion étrangère à Djibouti.

Le livre "MORE MAJORUM" est paru en juin 2011.


   

Dockers - port de Djibouti

Les dockers du port de Djibouti.

  

PORTFOLIO “DOCKERS - DJIBOUTI”

Visages d’Ethiopie

Des visages, reflets d’un voyage, d’une contrée, reflets d’un monde oublié. Chaque pas affranchit du temps le voyageur. Ce parcours initiatique s’étend jusqu’aux rives abruptes et boueuses de l’Omo River, berceau des âges. Chaque montagne abrite une vallée merveilleuse, chaque vallée abrite une tribu singulière, chaque tribu abrite en elle l’âme des peuples originels.

Les ethnies du sud éthiopien
Le sud de l’Ethiopie, l’Omo River, la Rift Valley, comble le promeneur du temps, avec cette envie lancinante de remonter le cours de l’évolution, et de mettre ses pas dans ceux de nos ancêtres communs. Chaque vallée déflorée apparait comme un creuset de vie, les vastes plaines s’étirant jusqu’à la frontière Kenyane. La multiplicité caractérise ces lieux primitifs, chaque ethnie se pare de ses atours propres et plus qu’une simple collection de paysages, une peinture des visages s’impose. La richesse nait de la diversité, diversité de rites, de traditions, de couleurs et de formes. Tous ces peuples ont jeté depuis des millénaires les bases du graphisme, de la composition, en ont établi les fondements. Des femmes plateaux des ethnies Mursi au pointillisme des Araboré, le corps humain est transcendé à la manière d’une oeuvre d’art. […]

Emmanuel MARTIN (extrait de carnets de voyage – Turmi, sud de l’Ethiopie – avril 2009)

   

   

Voir le portfolio complet

PORTFOLIO “ETHIOPIE”

Pays AFAR - Corne de l’Afrique

La région habitée par la population Afar s’étend sur 3 pays aux frontières communes : la République de Djibouti, l’Ethiopie et l’Erythrée. Cette vaste région demeure encore hors du temps. 

Le route nationale goudronnée est abandonnée alors qu’une étendue désertique s’ouvre à l’Ouest. Elle semble venir buter sur cette falaise immense, longue de plusieurs kilomètres et haute par endroit de plus de 1000 mètres. Au-delà de ces montagnes se situe l’Ethiopie. Cette barrière naturelle est pourtant salvatrice pour les nomades Afars qui ont choisi de s’implanter en ces lieux. L’eau trouve son chemin, descendant des lacs éthiopiens et ressortant en une source chaude dans un contrefort rocheux. Elle vient alimenter la plaine, qui, sans elle serait inexorablement désertique. La piste qui nous guide laisse entrevoir au loin, passé l’effet de mirage qui dû en dérouter certains ici ou ailleurs, comme une palmeraie tout droit sortie de notre imagination un peu trop fertile parfois. Elle s’étend en bouquet sur plusieurs kilomètres de long, des contreforts de la source au pied de la falaise, large bande de vie fragile. Endroit idyllique à mes yeux, mon véhicule me permettant de rallier la civilisation la plus proche dès que l’envie m’en prendra. Mais qu’en est-il de ces nomades qui ont décidé de se sédentariser là ? D’idyllique, le tableau se mue en une vision réaliste de la situation précarisée de ces peuples nomades, dès les premiers contacts. Qui rêverait de vivre au bord d’une source avec pour unique ressource le pastoralisme et les fruits du travail du palmier Doum (vannerie, etc) ? La vannerie sert, comme souvent, principalement de monnaie d’échange et sa vente permet d’acheter les denrées de base enrichissant une alimentation quotidiennement incertaine. L’accueil qu’ils nous font est chaleureux, sans retenu. Mohamed, de part sa place privilégiée au sein de la communauté Afar, nous permet d’échanger avec eux et de se présenter à Ali, le chef du village. Ils nous installent dans la hutte qui trône au milieu du village, hutte qui leur sert en partie à stocker les branches de palmiers qu’ils entreposent là pour le séchage. La première nuit, nous la passons sur le toit de cette hutte avec celui qui fait office de gardien, sous la voûte étoilée, et bientôt la conjonction de Jupiter et de la Lune au zénith laisse sa place à la constellation d’Orion et sa nébuleuse qui monte rapidement au-dessus de nous. Sa nébuleuse, pouponnière d’étoiles en formation, où peut-être viendra graviter autour de l’une d’entre elles une planète, sur laquelle les chants et les danses des premiers hommes résonneront dans le même néant de nos interrogations universelles et infinies.

Emmanuel MARTIN, Djibouti, 08/01/2012